[†]...Jus†e Un MurMurE...[†]


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Je me souviens d’une odeur de cigare qui vient agresser mes sens, qui me fait tourner la tête, c’est fort, fort, agressif, encore un peu plus près, il y a trop de monde, trop de paroles, où est-ce que je peux me cacher. Je n’écoute rien, qu’est-ce que vous croyez ? C’est pas la faute au cigare, arrêtez de tout mélanger, ce n’est qu’un prétexte, tout ça n’est qu’un prétexte. Toujours est-il que. Il est. Tout se bouscule dans ma vie. Je dois faire face à Ca et tout le monde ne cesse pas de me dire qu’il faut que je me bouge. Une vie ça se construit, il paraît. Je ne sais pas comment m’en sortir. Je ne comprends rien de tout ça, je n’ai pas choisi, tu sais, ou peut-être bien que si, mais qui m’y a forcé ? Ne dis pas que je ne peux pas m’en prendre à Elle, qu’encore ce n’est qu’un prétexte, saleté de Vie, ne dis pas… ou dis. Dis mais ne me regarde pas comme ça, avec si peu de considération, j’y peux rien… j’y peux rien à moi. A moi toute entière, à moi par parcelles peut-être et encore. Que faire. Que dire. Tout tourne. Je préfère l’inaction. J’aime pas les mots. J’ai peur de moi. Il y a plein de choix, pourtant, qui n’attendent qu’une succession de quelques lettres, des cases à cocher un peu partout, à droite ?, à gauche ? Et si on laissait décider le destin. Mais tout ça ce n’est rien, rappelle-toi la vie ce n’est qu’un concours de circonstances, arrête de trouver des explications rationnelles à l’irrationnel, bordel, quand est-ce que tu saisiras qu’il n’y a aucune raison, bien sûr la vie c’est comme ça, pile, face, un ami qui meurt, un autre qui se réveille, et trois petites filles qui naissent. Face, il est tombé, le chocolat, sur la jupe rouge, ça a brûlé mes cuisses, hop, encore un peu plus. Face, il est tombé, il s’est envolé avec le choc, de la voiture, et puis tu sais. Il pleut toujours trop fort, sur les petites routes en Avril. Face, il s’est envolé et puis il est tombé. Pour toujours. Pile, bip. Décédé, tu sais, c’est tombé pile, c’est pas tombé face  mais le verdict, il est tombé, et en pleine face : décédé. C’était juste ça. Ne cherche plus.

Excuse-moi si tu penses que j’ai oublié. Jamais. Tu as pris un bout de mon cœur en otage, comment je pourrais oublier que je ne suis qu’une moitié de moi. J’ai assez imploré, les flocons de neige aux goûts de toi, reviens d’en haut, il fait si froid au fond de mon cœur depuis que t’es plus là. J’ai imploré et puis. Je me suis tue. Je n’ai jamais dit à personne. Combien je suis mutilée depuis. J’ai peur des mots.
J’ai accepté la punition, sans jamais la comprendre. Je reste là mais bordel tout se mélange toujours. Si tu pouvais m’aider, s’il te plaît,  je ne suis pas prête, encore. C’est bête, je sais, j’ai trop vécu les yeux fermés, depuis. En les rouvrant, les paupières un peu trop fendues, d’avoir un peu trop retenu le fruit de ton absence ou de ta présence disparue. Elles sont figées, au bord des cils, tes toujours Fidèles. Ne m’en veux pas si elles voudraient couler pour d’autres. A d’autres secondes d’inexistence, se donner aux illusions.
Tourbillonner comme les reflets aux noisettes de tes yeux clairs, au sucré de tes rires enfantins qui s’échappent d’un éclat de soleil.
Ne lis pas les mots comme ils sont. Cherche les courbes de mon désir dans les zigzags.


Fige mon oubli à tes instants qui disparaissent.
21.9.06 14:22


'C'est pas que j'crois en rien, j'crois plus tout court, ça me convient".

Août 2006… mes dernières perles de naïveté s’écroulent comme un château de sable, emporté par la mer. Les mots fusent et je souris. Du même sourire qu’il y avait sur les lèvres d’Ana lorsque j’ai prononcé « pas du tout » pendant que le dernier pétale de la marguerite s’est envolé pour aller mourir, lentement, à ses pieds.  Ce sourire marqué d’un Ailleurs aux saveurs meilleures. Ce sourire pour ces souvenirs et puis le reste. Et fatalement, cette naïveté. Pauvre enfant, j’ai pensé. A quoi sert de vouloir y croire puisqu’il y a fatalement une fin. 
 
 

Fatalement… Qui a dit que la fatalité c’était le mot des lâches ? Est-ce qu’il a essayé, lui, de tout reconstruire patiemment. Comme un verre troué où l’on s’amuserait à amasser des dizaines de grains de sable, encore et toujours, qui prendraient un malin plaisir à s’enfuir, encore et toujours. Fatalement. Fatalement…
Alors il a prononcé ces mots et j’ai su. J’ai su je crois que plus jamais je n’y croirai. L’amour c’est juste se donner l’illusion qu’on n’est pas seul au monde. Mais on est toujours tout seul. Et même avec lui, et même avec eux. Et rien ne changera jamais.  J’ai su pour la première fois depuis longtemps, avec certitude, que j’ai toujours été une petite fille, et que je le resterai encore très longtemps. Une petite fille, mais une petite filles aux rêves avortés, aux fleurs sans pétales, aux sourires sans cœur. Une petite fille qui commence ses histoires d’amour par la fin, qui dort à côté d’un mort et qui aspire à devenir une étoile.

Je ne supporte plus cette petite fille plein de rage qui en veut au monde entier pour ses erreurs et sa naïveté. Cette petite fille qui est tombée d’une montagne le jour où elle a appris qu’on ne pouvait faire confiance à la Vie. Je voulais être autre chose. Devenir Quelqu’un. Pour G . et pour tous ceux qui l’ont été tellement fort qu’ils marquent notre mémoire quand tout le reste s’en va en poussières. Pour G. et son existence qui auréolait chaque parcelle de son être. Pour G. qui avait tellement compris qu’on ne pourrait jamais rien comprendre de mademoiselle la Vie, qu’il ne faut rien attendre d’elle, et qu’au fond, qui peut dire si elle sait d’avance comment elle va procéder pour gâter ou humilier, pour raturer ou récompenser, pour écorcher ou glorifier. Il ne faut rien attendre… Et G. me manque au milieu d’eux tous et des si-semblables. C’est fou comme ils vous semblent mille fois pareil, après avoir trouvé l'Unique.

Et la vie continue à semer sur son chemin cette saveur âcre qui fait plisser mes yeux, qui fait piquer ma gorge. Et je continue à semer sur mon chemin ces perles d’appel à l’aide qu’elle ne daigne pas essuyer.

Où est la logique si la vie est mille fois la même, perpétuel recommencement et demeure incompréhensible ?

26.8.06 23:26


"In the cold november rain"


Tant de temps sans revenir, ici…
Tout s’enchaîne et s’enfile tellement trop vite ces temps-ci. Etre spectateur et n’avoir pas même le temps de se retourner que tout est déjà réalisé, signé, tracé. Rien à effacer, car ni la force, ni la patience. Accepter. Il y a des tas de projets que les autres échafaudent, pour moi, comme si cela valait la peine, comme si j'allais tenir jusque-là, comme si… Il y a des tas de « tu dois », de responsabilités, comme des centaines de kilos qui s’abattent sur mes épaules, et moi qui feins de ne pas faillir, alors toujours ce poids qui s’ajoute et les gens qui chargent mes épaules, encore, toujours, mais je ne peux plus, et bientôt vous saurez, je ne tiendrai plus longtemps, ainsi. K. dit que c’est juste l’histoire de quelques mois, mettre sa vie entre parenthèses et puis. Mais la vie ne te courra pas après tu sais, ni toi ni personne et elle n’attend que ça, si tu plies, elle t’achèvera. Il y a des centaines de mots que j’ai laissé au creux de ma tête, c’est de ma faute, au fond, choisir ses priorités qu’il disait. Tout encore est une question de choix. Des décisions, un concours de circonstances qui t’emmènent parfois à milles lieues de ce que tu pouvais imaginer. Et assumer. Parce que c’est ça, grandir. Qu’ils disent tous. Parce que c’est ça. Mais ça ne m’amuse pas, et il paraît que c’est normal, qu’à mon âge on ne s’amuse plus ou bien on finit sous les ponts, c’est tout. Ca ne m’amuse pas et ça me fatigue tout ça. Et puis la maladie qui a décidé de s'acharner sur moi, c’est sûr qu’il n’y a pas de moment pour être malade, mais pourquoi maintenant… c’est un peu trop, parfois.
Bientôt, peut-être, la vie toute seule. Paris. C’est écrit sur des fiches de papier : Paris et des numéros hypothétiques suivent, peu importe, Paris. Mais je n’aime pas Paris et je n’ai pas envie d’être Parisienne. Peut-être, je rentrerais le soir et je mangerais un bout de pain et un gâteau sec, tant mieux pour le régime ironiserait la Mère. Je travaillerais jusqu’à pas d’heure et quand mon corps ne tiendra plus, bien après que mon esprit m’ait lâché, bien après toutes les souffrances et les douleurs, bien après les blessures qui se rouvrent en des milliers de cicatrices, qui explosent et qui dégoulinent, jusque dans ma tête, jusque dans mes yeux, jusque dans mon cœur, bien après tout ça, je me glisserai au fond d’un lit trop vide, il n’y aura rien d’autre que le silence, et je ne dormirai pas. Je serai seule. L’horloge sonnera quatre heures du matin, en même temps qu’elle viendra souligner ma solitude désespérée. Et puis six heures et tout repart. Et je ne veux pas. Et je ne veux pas. Tout ça me rend malade, j’ai peur de tout et encore plus de ce que je pourrais faire de moi si je suis seule, toujours. Le soir j’ai peur de fermer les yeux parce que ce n’est qu’une journée de plus qui a défilé sans que je puisse retenir le temps, je voudrais lui hurler qu’il s’arrête un peu, laisse-moi une pause s’il te plaît, il y a tellement de choses à vivre, il paraît. J’ai peur de fermer les yeux parce que j’ai peur de les rouvrir, de tout ce qu’il y a à affronter, et de comment faire pour survivre. Chaque jour est un combat. Et le pire reste à  venir.
A côté de ça, ça fait cinq mois que j’apprends à ses côtés à essayer de croire. En rien, en tout, de croire tout court. De cette croyance des enfant de six ans, que la vie n’est que bonbons acidulés et soleils qui s’en vont, le soir venu, se cacher. J’veux pas craquer. Tellement de gens sont malheureux, et tant de souffrances explosent à chaque coin de rue, là-bas. Il y a ces milliers de cris qui s’envolent dans la nuit, des rires et de la vie, des gouttes d’alcool qui coulent à flots, du désir et de l’insouciance, et ces cris, ces cris qui s’envolent très haut, très haut, qui construisent des montagnes, et la Tour Eiffel fait pale figure. Ils crient, dans ma tête tout résonne, un vieil homme marche silencieux, la vie s’éveille sans s’être jamais endormie, à Paris. J’veux pas craquer parce que c’est honteux, de pouvoir ne serait-ce qu’y penser. Je veux pas, mais.

Que faire quand l’avenir est souillé et que le présent, mis entre parenthèses, dégouline de crasse.

11.4.06 00:03


"Viens mon ange, retracer le ciel."


Les talons claquaient sur le sol d’une rue déserte. L’écharpe a glissé le long de mon épaule. Je me suis cachée jusqu’aux yeux, comme ces si-belles des pays qui ont l’air si loin et qui sont, au fond, pourtant si près. Il faisait un peu froid, comme d’habitude, ici. Un froid qui vous glisse des frissons le long du dos et qui fait saigner vos mains trop fragiles. Les talons claquaient, alors, en cela-même ce n’était pas comme d’habitude, comme ce avant qui a tant signifié pour n’être plus désormais que des parcelles de moi au fond de mon cerveau que je tente de faire exploser à chaque goutte de lui, ces parcelles de moi qui se sont échappées tant de fois avec les larmes, ces parcelles de moi, qu’il reste en forme de souvenirs déchirés, mutilés. Le bus s’est arrêté au feu rouge. Elle a traversé. J’ai eu un sourire moqueur, et je ne sais même pas vraiment, au fond, peut-être simplement parce que quelque part je lui ressemble, aujourd’hui, celle que j’ai maudite de n’avoir pas su être assez forte pour lutter contre cette putain de vie qui place sur votre chemin des esprits malsains et pervers qui ne pensent qu’à brûler vos ailes, à déchirer votre cœur, qui vous piétinent et vous laissent seuls, seuls au milieu d’un océan de tristesse, ceux qui vous tuent, assurément. Mes lèvres se sont décollées de leur silence quotidien, j’aurai voulu l’appeler, peut-être, je ne sais pas. Nous étions tellement tout il y a de cela trois ans maintenant, je n’aurai pas pu imaginer un avenir sans elle. Et puis, elle était le blanc, j’étais le noir, je crois. Finalement peut-être que cela ne pouvait pas en être ainsi. Finalement… Trois ans que je lui ai dit qu’elle n’existait plus. Elle a disparu au coin de la rue. J’ai fermé la bouche. Ce n’était que des mensonges, au fond. Elle a existé puisqu’elle était en moi, elle était moi, je n’existais qu’avec elle, tout simplement, elle existe aujourd’hui, encore, puisqu’elle m’a poussé paradoxalement à être le contraire de ce vers quoi elle avait toujours tendu, et puis, je finis là, un peu comme elle, un peu comme toutes, les talons claquent et ce n’est pas moi, mais au fond est-ce que j’ai le droit de dire que j’ai déjà été quelqu’un, quelqu’un d’autre qu’une négation d’elle, quelqu’un d’autre que des contradictions, des assimilations, quelqu’un par opposition à tous, est-ce que j’en ai le droit, au fond…

Je suis descendu au même arrêt, là, où, depuis trois ans le bus et moi avons dû nous arrêter au minimum quatre cent fois, est-ce que ce n’est pas triste tout ça, au fond. Bientôt il ne s’arrêtera plus, du moins avec moi, assise en sens inverse de sa route, parce que j’ai toujours aimé le contraire de ce que les gens apprécient. Bientôt, et au fond je ne sais pas si ce que j’ai tant de fois haï n’est pas une centaine de fois mieux que ce qui va m’attendre. Il m’a serré fort. J’ai eu mal au dos, un peu, j’ai esquissé un sourire. Trois mois et des dizaines de reproches, parce qu’au fond je crois, il faut toujours reprocher aux gens le fait de les aimer bien trop. Trois mois… Je n’ai jamais eu les mots pour décrire cette relation. Elle est différente, de toutes les autres, je crois. C’est celle qui m’apprend à voir en moi, la femme que je deviendrai, un jour, cette femme que je n’ai jamais vu, au fond d’un miroir, dans un rétroviseur, dans un regard. Cette femme que j’ai haï tellement fort que j’en ai encore des traces, quelque part sur le corps, cette femme que je hais encore, souvent, tout le temps, cette femme qui aime de tout son être, de toute sa chaire, et est aimée, cette femme qui pleure des perles de bonheur, cette femme qu’au fond, certainement, après l’avoir tant repoussé, j’espère devenir.
C’est con de toute façon, l’amour, les hommes, la vie, tout ça, nous tous, c’est con, c’est profondément con, et alors. C’est con, c’est sûr, quand j’aimerais qu’il me hurle qu’il m’aime à m’en faire mal, quand dans ses yeux je vois ce que je suis capable de produire, en lui, ce même effet qu’il me fait, et cette satisfaction, que je ne peux nier, c’est con, c’est certain, de dire que lorsqu’il s’en va c’est une parcelle de nous-deux qui s’en va, alors de moi, assurément. C’est con, évidemment, ce que je dis, ce que j’écris, les sentiments qu’il y a au fond de moi qui me donnent l’impression d’être vivante pour la première fois depuis trois ans.

Je l’aime parce que lui, c’est trente sourire à la minute, c’est une crêpe au chocolat, a vingt et une heure et tant pis si je vais aller manger ensuite, et tant pis si je suis moche, rien ne changera, parce que lui, c’est une marque de dent sur ma peau si chaude de ce qu’il me donne, c’est des étoiles dans chacun de mes souvenirs, et des soleils, et des bonbons, c’est du sucré à avaler, des grains de beauté qu’on s’amuse à compter, c’est des nuages dans mes pensées que des enfants s’amusent à mordiller, sous forme de barbe-à-papa, ça fond partout, les doigts collants ils rient aux éclats, très fort, d’une façon sincère et mélodieuse qui s’envole très haut, très haut, et qui redescend, comme un nuage d’espoir sur toute la surface de la terre.

Un peu de bonheur à tenir au creux des mains, et à partager.
13.2.06 00:20


Yours.

Janvier 2006. C'est écrit noir sur blanc. Janvier 2006. Alors, deux ans depuis la création de... ici. Deux ans et... tellement de choses au fond, ces deux dernières années. Tant de changements. Tant d'évènements à surmonter, et des sourires, un peu, aussi. Des choses qui ne ressemblent  qu'à ce qu'on voit à la télévision et je n'aime pas la perspective de pouvoir n'être qu'un cliché. Tout et son contraire. Des tonnes d'incidents, que l'on n'aurait jamais pu prévoir. Rien ne se suit. Rien n'a de sens. C'est toute ma vie qui n'est qu'un amas de gribouillages, des griffonnements. Tout est raté, de toute façon, et point final. J'essaie de construire une vie là-dessus. J'essaie de trouver un sens à ce qui n'en a absolument pas. Je me perds dans des dédales inextricables de souvenirs et de justifications pour éviter d'avouer que je ne réussis rien. La faute à la fatalité ? Quelque part je suis lâche, je sais, pourtant.
Il y a des milliers d’inquiétudes qui m’assaillent et je ne cesse de faire l’autruche, et puis, … un jour  il faut, faire face.

Et puis, Lui… Des dizaines d’heures à ne plus avoir peur des mots. On rit, souvent, on se fâche aussi, mais, à côté de ça… Il y a tant, je ne sais pas. Je cache tout, mais les sentiments explosent, et je ne sais pas comment réussir à protéger ce qu’il me reste encore qui n’a pas été détruit. Il y a des soirées entières et des milliers de soupirs qui se fondent. J’ai son souffle dans mon cou, sur ma peau ses envies, et, bordel je nous trouve beau dans notre différence. On se regarde dans la glace, il a ses bras autour de moi et son sourire au creux de mon cou, je nous trouve beau, mais j’ai tellement peur, du prix que je devrai payer à la vie pour l’avoir rencontré.
J’aime , parfois, le matin, je retrouve de son parfum sur mon écharpe, sur mon manteau et je voudrais en pleurer tellement il est déjà trop. Parce que l’existence n’a sûrement aucun sens, pourtant il tente de me persuader du contraire, chaque jour. J’aime nos conversations à la lueur d’une bougie, lorsqu’il caresse une ombre fuyante, j’aime ses bisous, « juste sur ta joue », ses bisous d’enfants de dix-ans. J’aime sa joie de vivre, son ignorance de la vie. J’aime le contraste entre son apparence d’homme et son caractère. J’aime qu’il m’exaspère, qu’il m’énerve à en hurler, j’ai peur de tout ce que je lui reproche, de son « avant » et des quelques autres qui l’ont aimé. Je voudrais lui offrir tellement, effacer toutes celles qui ont existé, j’ai mal qu’il ait pu les désirer. Au fond d’un cinéma, il a ses mains au creux des miennes et son regard qui ne me quitte pas. J’aimerais lui dire à quel point je le remercie, pour tous ces moments simples que je n’avais jamais connu.
Je ne sais pas.

Je ne sais pas s’il pourrait comprendre. J’ai peur un peu mais je crois que je l’aime déjà trop simplement parce qu’il m’autorise à être moi, rien que moi, sans rien juger, il m’apprécie, il dit des « je t’aime » qui font se serrer mon cœur, je voudrais lui expliquer mais est-ce qu’il saurait que j’espère que « toujours », pour de vrai, cette fois, je voudrais te dire, que tous les jours c’est toi, c’est toi juste toi, dans chacun de mes sourires, c’est toi, juste toi, le soir et le matin, la seule pensée, la motivation, les concessions, c’est toi, juste toi, et je ne laisserai pas cette fois, le temps reprendre tout ce qu’il n’a jamais donné, je ne laisserai pas, je veux essayer, pour la première fois, je veux essayer, pour de vrai. Je donnerai encore de moi, peut-être, tu sais, je ne voudrais pas que tout finisse, mais je ne pourrais pas, t’en vouloir, tout ça c’est tellement trop, pour moi, tout ce que je n’ai jamais mérité, toujours rêvé, je ne sais pas. Si seulement tu pouvais fermer les yeux, si seulement tu pouvais fermer les yeux et me laisser t’emmener, au fond de ma tête, au creux de mon cœur, là où s’agitent les désirs dont tu es le seul moteur, là où s’évanouissent les battements que tu créé. Il y aurait tant, peut-être que c’est absurde au bout de deux mois, peut-être, mais tu sais bien, je n’ai plus peur, l’absurdité, le ridicule. Si tu pouvais fermer les yeux, laisse-moi pleurer, s’il-te-plaît, et non, je ne suis pas triste, évidemment, je ne suis pas triste, tu es juste là…
Je ne suis pas triste…
Il y a bien trop d'étoiles au coin de mes cils, mais je ne suis pas triste, c'est toi, tu comprends, juste toi.
Parce que, quelque part, je ne suis plus seule...

9.1.06 22:41


You can't change the way I am...



Déjà trois mois qui nous traînent. Trois mois. Depuis... cet été si....exceptionnel. Du travail et des perles d'espoir à avaler s'il-vous-plaît-Monsieur.
Mais je n'oublie rien. Et  ici, là-bas, c'est au moins trois ans de ma vie. Je n'oublie rien, malgré les apparences. Il y a eu tellement de visages, de mots échangés virtuellement, des sourires, un peu, souvent des larmes mais, du soutien. Il y a eu tellement de choses qui m'ont été apportées, grâce à ici. Et même si souvent je suis loin, je n'oublie pas. Ceux sans qui... Et le reste ne se dit pas.
Mais les jours s'enfilent et avant même que l'on ne s'en rende compte c'est des années entières que l'on se mange en pleine face. Alors, forcément, tout change. Les choses apparaissent différemment. Et un jour, fatalement, il faut un au revoir à ce qu'on ne maintient en vie que pour des souvenirs. Ils sont partis. Je me sens un peu seule, peut-être, ici. Voilà pourquoi. Mes absences répétées. Mais il n'y a plus personne qui s'en inquiète. Ils sont partis. Tout ceux grâce à qui...

Et pourtant, souvent, j'y pense. Aujourd'hui j'écris, je ne sais pas. Il y a tellement de mots que je retiens, depuis... Comme si écrire les moments de joie c'est déjà les faire disparaître.
Il y a lui. Et tellement que l'on partage. Je ne sais pas et personne ne le peut. Peut-être demain le point final, nous sommes passés tellement de fois près. Et dans notre histoire les virgules s'enchaînent. Si le début de la phrase a mal commencé,  la fin peut-être qu'elle sera belle.
Il réagit un peu comme moi, souvent, et je réalise à quel point c'est exaspérant. Mais à côté de ça... tellement tout ce qui ne se dit pas. Et je n'ai plus l'habitude. Simplement, pour quelqu'un, d'exister.
Et je n'ai pas voulu, pleurer. Pourquoi faire, encore, à quoi ça rime et pourquoi tant de peine. Juste que, ses lèvres le long de mon ventre. Il avait bloqué mes poignets. Je me suis mordue très fort pour ne pas hurler. "s'il-vous-plaît, je vous en supplie, faites qu'il me lâche, faites qu'il me lâche, faites qu'il me lâche". Tellement honte de ce corps. Et ne pas comprendre pourquoi. Comment il peut avoir envie et pourquoi moi, et tout le temps. Il s'attarde sur ma ceinture et je crois que je vais mourir. Chercher quelque chose, vite, je ne veux plus, il ne comprends pas, il dit souvent que je suis A lui. Il voudrait que j'ai envie de lui appartenir, ces choses des hommes dont j'ai tellement peur. J'ai trop donné, tu sais. Et je ne peux rien lui expliquer. J'ai tellement peur de ce qu'il pense. Je ne voudrais pas qu'il m'abandonne. Et le portable a sonné. Je ne sais pas, ça paraissait tellement absurde. Comme dans les films aurait dit M.. J'ai voulu exploser en des milliers de larmes "merci mon Dieu, merci". Et puis j'ai dit il faut que j'y aille, elle m'attend, tu sais, depuis longtemps. Dans la rue il s'est mis à genoux il a dit "pardonne-moi", comme ça, pour rire, il n'a pas vu qu'il aurait tellement trop à se faire pardonner. Ses bras autour de mes hanches, il a serré fort. J'ai répondu qu'on pourrait nous voir, et qu'il fallait arrêter, maintenant. J'ai souhaité oublier, et puis... il a recommencé, quelques minutes plus tard, il m'a fait mal, bordel, je lui ai demandé d'arrêter, et bien sûr... encore. J'ai murmuré encore ce mot, chaque lettre s'est détachée dans un soupir qui ressemblait plutôt à une sorte de sanglot. Il a regardé au fond de mes yeux, je me suis recroquevillée sur moi-même et je crois qu'il a compris, juste un instant.


Chez  moi j'ai renversé un bol de chocolat chaud, j'ai mis les affaires dans la machine à laver, et je suis allée prendre un bain. J'ai dégraffé ma ceinture, déboutonné mon pantalon, laissé glisser mon pull le long de mes bras. Dans le miroir, il y avait un reflet diforme, quelque chose qui ressemblait plus ou moins à une femme. Des cheveux longs, qui couraient le long de son dos. J'ai observé la courbure de son dos et la forme de ses hanches. Je me suis approchée et j'ai posé ma main sur le miroir, comme pour réaliser, que c'était vraiment moi. L'eau avait rempli la baignoire, je m'y suis glissée en fermant les yeux. J'ai vu des étoiles et tout brillait trop fort, il faisait nuit et il y avait G. qui me tendait la main, j'ai demandé où il m'emmenait et si on serait heureux. Il a explosé d'un rire franc, ça a résonné au milieu de l'immensité, et du vide alentour. J'ai saisi sa main. Et il n'y avait plus rien que du noir, à perte de vue, il s'est transformé en soleil et il a dit "pour éclairer ton existence". Alors elle a glissé le long de ma joue pour partir mourir sur mes lèvres. J'aurai voulu ne plus vivre.
18.12.05 12:33



Si tout éclos pour se fâner, si tout s'écroule et dégringole, est-ce que j'ai raison d'avoir peur ?
Parfois, le souffle qui s'accélère et sa main si moite dans la mienne, il fait pourtant si froid, et aussi à l'intérieur, de mon coeur, ce froid qui paralyse, je ne sais plus qui pourrait me rassurer, quand il est aussi terrifié que moi.
Il me dit qu'il ne sait plus. Quoi faire. Qu'il voudrait des sourires, et "bordel, pourquoi tu n'es jamais heureuse ?". Je ne sais pas trop quoi répondre, il ya des choses qui ne se disent pas, je crois. Et pourtant c'est ma vie qui s'illumine lorsqu'il est là. Mais...je suis toute petite à côté de lui, et lorqu'il me serre dans ses bras je me sens bizarrement encore plus inexistante. L'autre soir j'aurais voulu fondre en larmes. Il me faisait mal. J'ai voulu partir et j'ai cru qu'il allait briser mes poignets. Je n'ai pas peur de lui mais juste de ses sentiments, parfois. Je ne supporte pas ses baisers, il ne comprend pas qu'il me tue. Et je sais encore moins que je n'ai jamais su.
Quand je suis partie je sais qu'il est resté, seul. Il a réfléchi dans le froid. Peut-être même qu'il a un peu trop fumé. Je lui fais mal, tellement mal, quand bien même je ne fais que le protéger.
Je ne sais pas quoi donner, et j'ai peur, tellement peur, qu'à force de semblants et d'illusions, il me prenne tout ce que je n'ai plus et qu'il me laisse, comme ça, juste là, sans moi. Je n'ai jamais rien réussi, pourquoi est-ce que cette fois les choses seraient différentes ?
Pourquoi est-ce que c'est moi qu'il a regardé sur des centaines d'autres.
Pourquoi et comment est-ce qu'il peut désirer ce corps qui me fait vomir.
Et si en fin de comptes je n'aimais que qu'on me déteste.

J'voudrais relancer les dés.
Est-ce que c'est la faute au Destin et que rien ne dépend de nous?
Dans le noir, je tremble, il le sait, et pourtant.
Ce soir, dix-neuf heures trente. Je connais trop ces choses et tout sera encore semblable. Ca me rend malade au point de sécher des gros examens, au point de rester dans mon lit, seule face à ma conscience. Je ne peux plus affronter son regard... Et dans trois heures... je vais mourir.

Si tout dégringole et se brise... est-ce que je peux me reconstruire ?

23.11.05 15:03


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